Les prépensions sur la sellette

Coup sur coups, deux articles publiés aujourd’hui sur le site de La Libre battent en brèche le système des prépensions.

Le premier relate les conclusions d’un forum tenu par la FEB sur le thème de l’emploi des plus de 50 ans. La FEB, qui, déjà à l’époque de la préparation de notre livre, disait peu de bien de ce système, l’a aujourd’hui dans sa ligne de mire. Une évolution positive? Voire… Affirmer, comme le prétend Pierre-Alain De Smedt, que le démantèlement de ce système sauvera la pension légale me paraît bien présomptueux, voire mensonger. Comme vous l’apprendrez dans Retraites Plombées, le mal est en effet à la racine même de la pension par répartition: l’évolution démographique conduit inéluctablement au vieillissement de la population. C’est mathématique: le système explosera quand les actifs ne seront plus assez nombreux pour assurer le paiement des retraites des pensionnés. Tout au plus la suppression de la prépension permettra-t-elle de gagner quelques années.

Quant au deuxième article, son principal mérite est de tordre le cou à un canard qui a la vie dure: le mythe fondateur de la prépension. Selon cette croyance, mettre un “vieux” à la retraite permet de laisser la place à un “jeune”. Une idée absurde pour peu qu’on s’y arrête un instant: comment imaginer en effet qu’un jeune travailleur sans expérience prenne sans coup férir la place d’un senior qui a vingt à trente années de plus au compteur? Le constat est aujourd’hui sans appel: les départs à la retraite de la génération du papy-boom vont être difficile à combler, faute de disposer de travailleurs aux qualifications adéquates, malgré les taux de chômage de jeunes préoccupants dans notre pays.

À l’heure où nos éminences semblent trouver essentiel de discuter de la modification des régimes linguistiques bruxellois, il reste peu d’espoir pour nos pensions. C’est comme si l’équipage du Titanic, fonçant droit sur l’iceberg, se disputait pour savoir à qui c’était le tour d’actionner la sirène du bateau.