Leterme à l’OCDE… pour enfin s’occuper de nos pensions ?

Yves Leterme se prépare une retraite dorée grâce au fonds de pension de l’OCDE. Chaque mois, le futur-ancien Premier ministre démissionnaire touchera un salaire de plus de 11.000 euros (exempts d’impôts) duquel seront ponctionnés 9,3% à titre de cotisation à la pension.

Tandis que le travailleur belge moyen est obligé de consacrer 16,36% de son salaire réel à financer les pensions des autres, les hauts fonctionnaires sont donc priés de verser près de deux fois moins pour s’assurer (à eux) une pension confortable. La différence est aisée à comprendre : dans le premier cas, le cotisant ne revoit jamais la couleur de son argent ; dans le second, il s’agit d’une épargne capitalisée par lui-même pour ses vieux jours.

A l’OCDE comme dans les grandes instances internationales, comme au sommet de l’Etat belge, on a compris l’intérêt des fonds de pension par capitalisation. Ainsi que les lecteurs de “Retraites plombées” l’apprendront, ils offrent des rendements performants sur le long terme, en dépit des crises économiques et des sursauts de la bourse. Ils responsabilisent tous les acteurs du marché du travail, en leur rendant une certaine liberté de choix tout au long de leur carrière.

Depuis des années, l’OCDE recommande à la Belgique de réformer son système de pensions. Jamais, lorsqu’il était Premier ministre, Yves Leterme n’en a tenu compte. Pourtant, on ne peut pas dire que les propositions de l’organisme qu’il co-dirige aujourd’hui étaient révolutionnaires. A côté du recul de l’âge légal ou de la suppression des prépensions, le Fonds de vieillissement (aujourd’hui presque tari) et le livre vert des pensions (qui ne contient, lui aussi, que des recommandations) représentent des pseudo-solutions bien moins risquées politiquement.

Les retraites dorées que s’offrent les hauts fonctionnaires grâce à la capitalisation ne leur servent, paradoxalement, jamais d’exemple lorsqu’il s’agit de réformer des systèmes auxquels ils ne sont pas astreints. Yves Leterme fera-t-il désormais preuve d’un volontarisme plus affiché ? Si demain le nouveau secrétaire général adjoint de l’OCDE devait venir formuler d’énièmes recommandations au Premier ministre belge, espérons que ce dernier osera lui rappeler qu’à ce jour, la Belgique est l’un des derniers pays européens à n’avoir entrepris aucune réforme durable de son système de pensions.

PS : l’OCDE, dont la lutte contre les paradis fiscaux constitue l’un des chevaux de bataille, peut lui-même être considéré comme un paradis fiscal, selon les arguments indubitables du Pr Georges Lane.