Un pensionné sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Et en 2040?

Aujourd’hui, une petite manifestation organisée par la FGTB devant l’Elysette, à Namur, s’est clôturée par la remise d’une lettre aux ministres PS présents “afin qu’ils la transmettent au formateur Elio Di Rupo”. Dans cette lettre, le syndicat dénonce la faiblesse des pensions des salariés, mais s’insurge aussi contre les “attaques frontales” faites au système des pensions dans la note Di Rupo.

Dénoncer les timides mesures proposées par le formateur comme des attaques frontales serait simplement pathétique si l’attitude sous-jacente des syndicats n’était aussi dangereuse.

Ne nous trompons pas: syndicats et partis politiques sont toujours fermement ancrés dans la conviction qu’ils pourront, à force de petits ajustements cosmétiques et en “prenant l’argent des banques/des riches/des spéculateurs”, sauver le Titanic de la pension par répartition du naufrage entamé depuis son contact avec l’iceberg de la réalité démographique, quelque part au cours de l’année 2010. Nous démontrons, dans “Retraites Plombées”, que cette politique de l’autruche ne mènera à rien. Ou plus exactement: elle mènera à la ruine des jeunes travailleurs qui ont aujourd’hui 20, 30 ou même 40 ans, et qui verront le système par répartition s’écrouler avant d’avoir pu eux-mêmes profiter de ses largesses. Si tant est, bien sûr, qu’une pension moyenne de 976,13 € bruts par mois pour un salarié et 767,91 € par mois pour un indépendant (statistiques ONP d’août 2011 - page 24) puisse être considéré comme une largesse.

L’urgence, et il serait bon que la majorité des travailleurs le rappelle aux négociateurs, est de trouver une solution pour que les jeunes salariés ne soient pas ponctionnés toute leur vie pour financer un système ruineux et voué à la faillite sans pouvoir eux-mêmes mettre de l’argent de côté pour leur propre retraite.