Statu quo et pillages

Pauvre “Minister Q”! L’encre de sa proposition de réforme n’est pas encore sèche que déjà, les quelques timides avancées qu’il entendait engranger sont fortement diluées sous la pression des organisations syndicales.

 

Droit sur l’iceberg, mais moins vite

À vrai dire, la réforme proposée ne servira de toute manière à rien. Les lecteurs de notre livre le savent: le vrai problème de fond de la pension par répartition, c’est la charge insupportable que la pyramide des âges fait peser sur le système. Pour faire court, le vieillissement de la population prend en tenaille le système de pension par répartition:

  • l’augmentation du nombre de pensionnés, accéléré par le papy-boom, augmente de façon exponentielle le coût global du système.
  • la forte dénatalité des dernières décennies, conjuguée à la crise, diminue le nombre d’actifs dans la population, et donc la base de prélèvement des cotisations.

Reculer l’âge de la retraite, la stratégie privilégiée par la “réforme” Van Quickenborne, ne résout donc rien au problème. Tout au plus recule-t-elle de quelques années l’inévitable faillite. Pendant ce temps, le papy-bomme continue: il n’y a jamais eu autant de nouveaux pensionnés en Belgique. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Pour reprendre l’analogie du Titanic utilisée dans le livre: l’iceberg se profile au loin, et plutôt que de changer de cap, le capitaine se contente de réduire la vitesse.

 

Le pillage reprend

Les lecteurs attentifs du livre le savent: depuis plusieurs décennies, le gouvernement multiplie les actes de pillage pour renflouer des caisses désespérément vides. Après avoir, notamment, fait main basse sur le fonds de pension des travailleurs de Belgacom, celui de la SNCB, il s’attaque à présent aux indépendants. Plus exactement, aux sociétés qui, plutôt que de souscrire un Engagement Individuel de Pension en faveur de leurs dirigeants, ont préféré constituer en interne une provision de pension. Désormais, en effet, ces provisions internes seront interdites. Cela figure en toutes lettres dans la déclaration gouvernementale. L’enjeu? En obligeant les sociétés à passer par un contrat d’assurance, le gouvernement entend encaisser la taxe sur la souscription de ce genre de produits: 4,4% des montants placés. Certes, une période transitoire de deux ans serait prévue avec une taxation allégée à 1,75%, mais une taxe, même diminuée, reste une taxe. Le pillage reprend. Attendez-vous à de nouvelles annonces dans les prochains mois.